Ces cinq françaises oubliées qui font rêver les collectionneurs (et dont la cote commence à grimper sérieusement)
On parle beaucoup de l'Alpine A110, de la 205 GTI ou encore de la DS. Ces icônes ont leur place méritée dans le panthéon automobile français, c'est indéniable. Mais pendant qu'elles trustent les unes et les podiums des ventes aux enchères, d'autres modèles tout aussi fascinants continuent de se faire oublier dans les granges et les petites annonces du Bon Coin. Des voitures qui ont une histoire, une âme, et des particularités mécaniques qui feraient pâlir bien des sportives contemporaines.
Alors, on a décidé de leur rendre justice. Voici cinq françaises méconnues qui méritent enfin leur heure de gloire — et pourquoi vous devriez peut-être vous y intéresser avant que tout le monde s'en aperçoive.
1. La Renault 5 Turbo : la citadine qui cache une bombe
De l'extérieur, ça ressemble à une R5 un peu boursouflée. Mais dès que vous ouvrez le capot arrière — oui, arrière —, vous comprenez que vous n'avez plus affaire à une voiture ordinaire. La Renault 5 Turbo, produite de 1980 à 1986, est une véritable curiosité mécanique : son moteur de 1,4 litre turbocompressé est positionné en position centrale arrière, là où se trouvaient normalement les sièges passagers. Résultat : une répartition des masses proche de la perfection pour la course, et un comportement sur route qui demande du respect.
Photo: Renault 5 Turbo, via images.carexpert.com.au
En compétition, elle a brillé en rallye et en Coupe Renault 5 Turbo, une série monomarque devenue légendaire. Aujourd'hui, les exemplaires en bon état se font rares. Les prix tournent autour de 40 000 à 70 000 euros pour les versions les plus soignées, mais ils grimpent vite. Un conseil : méfiez-vous des restaurations bâclées — la mécanique de cette voiture ne tolère pas l'approximation.
2. La Citroën SM : le grand tourisme à l'hydropneumatique
La Citroën SM, c'est l'union improbable entre un moteur Maserati et la suspension hydropneumatique signature de Citroën. Produite entre 1970 et 1975, elle représente ce que la marque aux chevrons a osé de plus ambitieux : un grand tourisme rapide, confortable, et doté d'une direction assistée à assistance variable en avance totale sur son époque.
Photo: Citroën SM, via i.ytimg.com
Certes, sa réputation de fiabilité douteuse l'a longtemps plombée. Les pannes de ce moteur V6 Maserati mal digéré par les ateliers de l'époque ont fait fuir plus d'un acheteur. Mais aujourd'hui, les spécialistes de la SM ne manquent pas, et les pièces sont accessibles. Ce qui reste, c'est une voiture d'une élégance folle, avec un style signé Robert Opron qui n'a pas pris une ride. Sa cote, longtemps déprimée autour de 10 000 à 15 000 euros pour un bel exemplaire, commence à remonter sérieusement. Les amateurs de Citroën classique ont bien compris que la SM est la prochaine à décoller.
3. Le Peugeot 504 Coupé : le charme discret de la carrosserie italienne
Quand on pense au 504, on pense souvent à la berline familiale ou au break qui a traversé l'Afrique. Mais le 504 Coupé, c'est une autre histoire. Dessiné par Pininfarina, ce coupé produit de 1969 à 1983 est d'une sobriété élégante qui lui donne aujourd'hui un cachet intemporel. Avec le cabriolet du même acabit, il forme l'un des duos les plus raffinés jamais produits à Sochaux.
Mécaniquement, le 504 Coupé a eu droit aux meilleures motorisations de l'époque, dont un V6 PRV partagé avec Renault et Volvo. C'est cette version qui attire le plus les collectionneurs. Comptez entre 8 000 et 20 000 euros selon l'état, ce qui en fait encore une affaire honnête. La carrosserie en tôle épaisse résiste bien au temps, mais l'anticorrosion reste le point à surveiller en priorité.
4. La Simca 1000 Rallye 2 : la petite qui piquait les grosses
Moins connue que la Simca 1100 TI, la 1000 Rallye 2 est pourtant l'une des sportives françaises les plus attachantes des années 70. Avec son moteur arrière, sa légèreté et son 1,3 litre de 82 chevaux, elle était redoutablement efficace sur les petites routes. En compétition régionale, elle faisait régulièrement la leçon à des voitures bien plus puissantes.
Aujourd'hui, elle reste abordable — entre 5 000 et 12 000 euros selon l'état — et son entretien est accessible. Les pièces mécaniques sont encore trouvables, et la communauté de passionnés est soudée. Une belle entrée en matière dans le monde du classique français sans ruiner son compte en banque.
5. La Matra Bagheera : le trois places qui ne ressemble à rien d'autre
Trois sièges côte à côte, une carrosserie en polyester, un moteur Simca au centre : la Matra Bagheera est une voiture qui n'appartient à aucune case. Produite de 1973 à 1980, elle incarne cette époque où les constructeurs français osaient vraiment. Son habitacle insolite, sa légèreté et son comportement sain en font une voiture plaisante à conduire, même aujourd'hui.
Photo: Matra Bagheera, via www.infochauffage.fr
Son talon d'Achille historique ? Une corrosion de la structure en acier sous la carrosserie en plastique, souvent invisible à l'œil nu. L'inspection d'un exemplaire demande donc une attention particulière. Mais pour les acheteurs avertis, c'est une occasion unique de posséder quelque chose de vraiment singulier pour moins de 15 000 euros.
Pourquoi s'y intéresser maintenant ?
Le marché du classique français a longtemps été dominé par quelques valeurs sûres. Mais depuis quelques années, les acheteurs se tournent vers des modèles moins évidents, à la recherche d'histoires moins balisées et de sensations moins standardisées. Ces cinq voitures ont toutes un point commun : elles ont été sous-estimées, parfois maltraitées par leur réputation, mais elles recèlent une authenticité rare.
Avant d'investir, quelques règles de bon sens s'imposent : faire inspecter la voiture par un spécialiste du modèle, vérifier la disponibilité des pièces détachées, et ne jamais négliger l'état de la carrosserie sur les modèles anciens. La passion, c'est bien. La passion éclairée, c'est mieux.
Et si vous avez déjà l'une de ces voitures dans votre garage, félicitations — vous avez eu le nez creux.